De la consommation vers la Consomm-action

Il y a de cela déjà quelques semaines, une de mes professeurs nous conviait à une soirée cinéma afin de visionner le documentaire The True Cost (disponible sur Netflix!) et, ensuite, de discuter de l’industrie du textile avec plusieurs spécialistes du droit international.

S’il est vrai que les tristes événements du Rana Plaza m’avaient mis la puce à l’oreille que quelque chose ne tournait pas rond dans cette industrie sans pitié, je n’avais pas réalisé l’ampleur des diverses répercussions occasionnées par les chaines de production du textile. Je constatais simplement que plusieurs entreprises québécoises fermaient leurs portes et que l’apparition de grandes bannières nous donnait accès à des vêtements toujours au goût du jour, et à très bas prix à part de ça! Si ces prix bonbon ont l’air alléchants à première vue, ce qui se cache derrière leurs étiquettes n’a pourtant rien d’attrayant!

Après le visionnement du reportage, j’étais attristée,  sidérée et outrée de la situation. Comment est-il possible de faire payer si cher aux plus vulnérables nos élans matérialistes d’occidentaux nantis? Comment faire fi des nombreux impacts environnementaux engendrés (l’industrie du textile l’une des plus polluante derrière l’industrie pétrolière et l’industrie agro-alimentaire)? Serait-ce la publicité omniprésente, se chargeant de nous dicter nos besoins, qui nous aurait rendus aveugles ?

D’emblée, j’admets volontiers que les consommateurs ne sont pas les principaux responsables de la façon dont est menée la mafia du vêtement; ils sont même vulnérables à maints égards. Le consommateur moyen ne dispose pas d’un budget illimité pour se vêtir ; les petits prix font souvent son affaire et c’est bien normal. C’est là qu’on se demande quelles sont les règles qui encadrent les activités de ces géants ? À l’heure actuelle, plusieurs mesures ont été prises notamment par l’ Organisation Internationale du Travail (OIT) afin d’améliorer la situation déplorable des millions d’ouvriers qui se trouvent derrière ces étiquettes au prix imbattables. Après une brève analyse, on constate que le problème n’est pas réellement l’absence de mesures, mais plutôt leur mise en œuvre. L’OIT, bien qu’elle ait ratifié plusieurs conventions relatives aux conditions de travail dans cette industrie, ne dispose d’aucun moyen efficace de coercition pour sanctionner les manquements dans l’application des conventions.

Mais sommes-nous totalement impuissants face à ce désastre ?

Je me plais à croire que non. Je ne vous cacherai pas que j’ai toujours aimé les beaux vêtements et il m’arrive de me procurer un nouveau morceau à l’occasion, même quand j’en ai plus ou moins besoin. Toutefois, après avoir mieux compris les impacts sociaux, écologiques et économiques, j’ai décidé d’effectuer quelques changements dans ma façon de consommer les vêtements.

Voici donc quelques astuces pouvant guider nos prochaines séances de magasinage afin d’acheter nos vêtements de façon plus responsable sans nécessairement nous ruiner ;

Eh oui, si l’on veut vraiment faire une différence, il faut d’abord agir à la source. Cela peut se faire de diverses façons. Par exemple, le simple fait d’acheter seulement les vêtements qui nous vont vraiment et ceux dont la coupe nous met le plus en valeur (et non les morceaux que l’on achète sans même essayer parce que leur prix est quasi-gratuit) réduit déjà notre consommation. Fini les achats d’articles pas tout-à-fait de notre taille, mais qui sont « tout-de-même jolis ». On peut aussi se poser la fameuse question « En ai-je vraiment de besoin ? » avant de s’emparer impulsivement d’une pièce qui sera déjà démodée le mois prochain. Il peut même être utile de jeter un coup d’œil à sa penderie avant de faire les boutiques, question de s’assurer de ne pas acheter deux morceaux presque identiques. Le fait de dresser une liste de ce que l’on a réellement de besoin avant notre séance de magasinage peut aussi nous aider à s’en tenir à l’essentiel.

  • Prioriser la qualité plutôt que la quantité

C’est un fait, beaucoup d’articles sur les rayons des grandes chaines de magasin offrent une qualité plutôt douteuse de leur produit. Ce n’est pas étonnant puisque l’idée est que l’on en achète toujours plus et le moindre accros devient un prétexte idéal pour se procurer un nouveau morceau. Ce phénomène se traduit en cercle vicieux et une bonne façon de ne pas tomber dans le piège est de vérifier la qualité d’un produit avant de se le procurer. Vous comprenez donc que qualité rime avec longévité. Quand vient le moment de choisir un nouveau vêtement, il est primordial d’examiner l’étiquette nous renseignant sur le tissu de confection. Par exemple, le chanvre est d’une résistance impressionnante et la culture de sa fibre figure parmi les moins polluantes. On peut aussi dire adieu au coton transgénique au profit du coton équitable et biologique. En apportant ces petits changements dans nos habitudes, nous encourageons non seulement des pratiques commerciales humaines (produits équitables), mais nous prenons également soin de notre Mère Nature (produits certifiés biologiques).  Notre garde-robe se composera désormais, au moins en partie, de vêtements inoffensifs et durables que nous voudrons porter encore et encore.

  • Rendre sa garde-robe plus minimaliste

Le mot d’ordre ici est ÉPURATION! On se débarrasse des vêtements presque jamais portés qui trainent au fond de nos tiroirs ou ceux qui ne suscitent plus aucun intérêt de notre part. Moins qu’on a de vêtements, plus on réalise qu’on n’a pas besoin de tant ! On conserve bien sûr les pièces essentielles que nous portons sur une base régulière. Le but est de rester dans la simplicité. Mais attention ; qui dit moins de vêtements, ne dit pas moins de style ! Bien au contraire, la garde-robe minimaliste mettra en œuvre votre créativité afin que vous trouviez de nouveaux agencements. De plus, quand viendra le temps de magasiner, nos nouveaux vêtements devront s’agencer avec le contenu préexistant de notre garde-robe, le but étant d’éviter d’acheter des « kits » complets à chaque fois.

  • Donner une deuxième vie à nos vieux vêtements

Quand nous nous débarrassons de nos vieux vêtements, ces derniers ne cessent pas pour autant d’exister. Plusieurs tonnes de vêtements sont jetées et données chaque année et ce nombre augmente perpétuellement à cause de notre dépendance à la consommation. Qu’advient-il de tous ces vêtements ? S’ils se retrouvent dans nos dépotoirs, ils y resteront probablement pour les 50 à 100 prochaines années, selon le tissu utilisé, vu le temps qu’ils mettent à se dégrader.  La plupart du temps, les gens auront le réflexe d’aller déposer les vêtements dont ils désirent se départir dans le conteneur prévu à cet effet le plus près de chez eux. Après être passés au tri,  les vêtements en bon état seront répartis localement afin d’être réutilisés ou revendus et ceux un peu plus défraichis seront  ultimement expédiés aux pays en voie de développement. Ce « dumping » de vêtements dans les États étrangers n’est pas vu d’un bon oeil par tous. En effet, certains y voient une menace à l’économie locale des destinataires en favorisant le flux des entreprises étrangères. Avant de se débarrasser d’un vêtement, je conseille donc de s’assurer qu’il ne peut faire l’affaire de quiconque dans notre entourage. Si non, pourquoi ne pas se fabriquer des chiffons avec nos vieux chandails de coton ? Nos « guenilles » pourraient même nous être utiles dans la confection de notre prochain déguisement d’Halloween ! Pour ceux qui ont un esprit plus créatif, c’est aussi l’occasion idéale de laisser aller et de modifier certaines pièces afin de leur donner un nouveau souffle et de les adapter à nos nouvelles préférences en matière de style. N’oublions pas non plus que certaines friperies locales se feraient un grand plaisir de recevoir les vêtements qui ne vous conviennent plus. Si rien n’est possible, on se dirige vers les conteneurs prévus à cet effet pour en disposer, ce qui constitue tout-de-même une alternative plus responsable que la poubelle !

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